LA COMMUNICATION AU SERVICE DE L’EGLISE : CAS PRATIQUE DE LA SECURITE ALIMENTAIRE – VENDREDI 29 MARS 2019

Par Dr Alfred Dan Moussa, Directeur Général de l’Institut des Sciences et Techniques de la Communication, ISTC Polytechnique.

Ancien Président de l’Union de la Presse Francophone en 2007, il devient en 2012 le Directeur général de l’Institut des Sciences et Techniques de la Communication 2 (ISTC).

L’institut devient sous son impulsion ISTC polytechnique de renommée panafricaine.

DES QUESTIONS EN TERMES D’INTRODUCTION

 Mesdames, Messieurs, honorables invités,

 Combien d’entre vous ont pris un petit-déjeuner ce matin ? Combien d’entre vous ont mangé à midi ?

 A combien de personnes il est nécessaire de prendre un goûter à 10 h ou à 16 h, ou d’observer une pause-café aux mêmes heures ?

C’est à chacun de répondre, selon ses habitudes alimentaires ou selon les circonstances.

Deuxième groupe de questions.

Qu’avez-vous mangé exactement à ces différentes occasions ? Quelles denrées ? Quels vivres ? Quels comestibles ? Quelle nourriture ? Quelle substance, pour ne pas dire, aliments, avez-vous consommé ou allez-vous consommer ?

De la banane ou de l’igname. Du manioc. Du riz. Du foufou. Du foutou. De l’attiéké. Du poisson. Du Kédjénou, dans ses variétés…

Vous arrive-t-il de manger des fruits, que l’on retrouve à tous les coins de la rue ?

Bonne digestion. Bon appétit.

Troisième lot de questions.

Les conditions sont-elles toujours réunies pour que la nourriture consommée ou à consommer fasse du bien à l’organisme ou au corps humain qui la reçoit ?

Toutes les conditions sont-elles réunies, pour mettre le corps humain à l’abri du danger ? Pour mettre le corps humain en sécurité ? Pour éviter au corps humain une intoxication ? De nombreuses questions certes. Mais, des questions faciles, n’est-ce pas ?

A travers ces trois paquets de questions, nous venons d’introduire et de définir le sujet à l’ordre du jour. Quel est-il, ce sujet ?

La communication au service de l’église : cas pratique de la sécurité alimentaire.

Il s’agit d’échanger sur le sujet de la sécurité alimentaire.

I-SECURITE ALIMENTAIRE, A L’ECHELLE NATIONALE, UNE QUESTION DE DEVELOPPEMENT

Si l’on se mettait à lire ou à relire la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, ainsi que les documents de référence du Conseil Alimentaire Mondial des années 70, et ceux du Fonds Mondial de l’Alimentation et de la Banque Mondiale, l’on retiendrait que la sécurité alimentaire remonte aux plantations où se cultivent les vivres, et achève sa course dans le ventre du consommateur.

Il s’agit :

-de produire en quantité suffisante, pour éviter une catastrophe, la famine ;

-de produire en quantité et en qualité, pour garantir la santé des consommateurs ;

-de permettre l’accès de tout le monde, aux produits des champs ou des usines, par le désenclavement des zones de réserve ;

-de faciliter l’acquisition par tout le monde, des produits des champs ou des usines, par une politique de prix abordables et de lutte contre la cherté de la vie ;

-de veiller à la qualité de l’assiette, pour garantir une bonne digestion.

La sécurité alimentaire se présente comme une longue chaîne à plusieurs maillons dont les trois suivants :

-La production,

-La commercialisation,

-La consommation.

La sécurité alimentaire fait remonter en surface plusieurs centres d’intérêt. Entre autres :

-Le recensement de la population et de l’habitat : combien sommes-nous par zone géographique, en Côte d’Ivoire ? Combien sont-ils, les habitants de la Côte d’Ivoire ?

-Les habitudes alimentaires de cette population recensée, quelles sont-elles ? Quels sont les mets les plus prisés en Côte d’Ivoire ?

-La planification. S’il est important de planifier les besoins en centres de santé et hôpitaux, en écoles, lycées et universités ; il est également important de planifier les besoins en denrées alimentaires pour cette population recensée, pour accorder la place qu’il faut à l’autosuffisance alimentaire en riz, en banane, en igname, en escargots…

Autosuffisance alimentaire. Désenclavement. Planification. Commercialisation. Lutte contre la cherté de la vie. Nous venons d’en parler.

Il apparaît, visiblement, que la sécurité alimentaire, à l’échelle nationale, est une question de développement.

Cette question pourrait se résumer par cette citation empruntée au Conseil Alimentaire Mondial :

“Chaque homme, femme ou enfant, a le droit inaliénable d’avoir à manger et ne doit pas souffrir de malnutrition afin de se développer pleinement et de conserver ses facultés physiques et mentales”.

II-SECURITE ALIMENTAIRE, A L’ECHELLE INDIVIDUELLE, UNE QUESTION DE VEILLE ET DE PRUDENCE

Nous en sommes tous d’accord : on ne peut pas vivre sans manger. On ne peut pas vivre sans se nourrir.

On mange pour grandir. On mange pour grossir. On mange pour bien se porter.

Mais, comment manger sans déboucher ou provoquer des surprises désagréables ?

Sécurité alimentaire : exigence 1

Manger parce qu’on a faim est très salutaire. Il faut donc s’abstenir de manger quand ce n’est pas nécessaire.

Il ne faut pas manger pour le plaisir de manger.

Il ne faut pas manger par méchanceté. Il ne faut pas manger par gloutonnerie.

Vous fatiguez le corps quand vous dépassez la dose utile à votre organisme.

Nous sommes d’accord qu’il faut manger, mais, manger quoi ?

Sécurité alimentaire : exigence 2

Il est conseillé de manger naturel, de préférence. Il est surtout recommandé de manger en s’entourant de beaucoup de précautions.

Il faut se connaitre et savoir ce qui est bon pour soi, selon son âge, selon son état de santé, selon son poids, selon sa taille.

Manger gras ou pas du tout ? Manger sucré ou pas du tout ? Manger salé ou pas du tout ?

Il est conseillé de manger à la lumière de son bilan de santé. Aussi, est-il indispensable de s’imposer un bilan de santé régulier, au moins une fois par an, par exemple.

Nous sommes d’accord qu’il faut manger, mais, manger où ?

Sécurité alimentaire : exigence 3

Veiller à la bonne tenue du cadre de votre restauration : propreté de l’environnement immédiat, propreté des lieux, propreté du personnel de service, propreté du couvert.

L’emballage doit pouvoir susciter l’appétit chez les convives. Si les éléments extérieurs visibles ne rassurent pas les invités, que peuvent-ils attendre du repas proprement dit ?

C’est apaisant, vous en convenez, de se retrouver dans des établissements affichant des signes extérieurs de bonne gestion :

– Certificats de salubrité délivrés par l’Institut National d’Hygiène Publique,

– Prix d’excellence de la bonne cuisine,

– Uniforme pour le personnel de service,

– Tables et chaises bien recouvertes des mêmes couleurs…

A domicile, pourquoi ne pas prendre le temps de jeter, de temps en temps, un coup d’œil dans la cuisine et dans la cour arrière. La confiance qu’on accorde au personnel de maison, c’est connu, n’exclut pas le contrôle.

Nous sommes d’accord qu’il faut manger, mais, manger les yeux grandement ouverts.

Sécurité alimentaire : exigence 4

Chacun peut être autorisé à manger telle chose ou à boire telle chose. Mais est-ce pour autant qu’il faut consommer un produit sans lire le mode d’emploi ou la posologie, en pharmacie ? Sans faire attention à la fourchette de validité du produit ?

Comme vous le savez, il est toujours indiqué, généralement dans des caractères maigres, la date de fabrication et la date de péremption de tout produit destiné à la consommation.

Un arrêt pour partage…    CONCLUSION

Mesdames,

Messieurs,

A la demande de l’Eglise Méthodiste Unie et de sa Conférence annuelle, et à votre attention, j’ai essayé d’interpréter le thème de la sécurité alimentaire.

Vous vous en êtes rendu compte, je ne suis ni nutritionniste, ni médecin.

Je ne suis ni un professionnel de la sécurité… informatique, sécurité sociale, sécurité incendie, ni un professionnel de l’alimentation.

Je ne suis pas un professionnel de la sécurité alimentaire.

Je suis un consommateur, bon ou mauvais consommateur, mais un consommateur tout de même.

En tant que simple consommateur, j’ai accepté de jouer le jeu, pour trois raisons :

Première raison.

Un débat ne se fait pas tout seul. Un débat se fait à plusieurs. Avec ceux qui vont poser des questions. Avec ceux qui vont faire des contributions. Avec ceux qui ont des témoignages à livrer. Je vous remercie d’avance de vos réactions et surtout, de votre esprit de tolérance.

Deuxième raison.

J’ai toujours l’intime conviction qu’un intervenant, dans un débat, part toujours très édifié de ce débat. A l’idée que je partirai de cette plateforme, plus enrichi que je ne l’étais en arrivant, j’ai accepté de me présenter devant un public que j’ai imaginé sympathique, et qui est effectivement sympathique, à l’image de la personne de qui j’ai reçu la demande pour ce partage.

Troisième raison.

L’invitation du Très Révérend Pasteur, Isaac Bodjé, Secrétaire de la Conférence, que je salue respectueusement, cette invitation m’a été remise par une Dame, leader d’opinion, pour qui j’ai beaucoup de considération, pour ce qu’elle a été, journaliste, présentateur de journaux télévisés, et pour ce qu’elle est, responsable de la Communication d’une Maison de Dieu. Je parle de Dominique Tayoro Thalmas. Merci chère consoeur. Merci.

Que devons-nous retenir ?

La sécurité alimentaire se comprend comme l’ensemble des conditions qui nous rassurent et nous mettent en confiance toutefois que nous sommes en situation de manger ou de faire manger.

Les conditions sont-elles réunies lorsque nous devons donner à manger à un bébé ? Les conditions sont-elles réunies lorsque nous devons servir à manger à une personne ou à un groupe de personnes ? Les conditions sont-elles réunies lorsque nous devons passer à table ? Les conditions sont-elles réunies lorsque nous devons prendre un médicament ?

Nous en aurons fini quand vous aurez accepté que je rende hommage à deux personnes, celles qui m’ont donné la vie. Ce que je vais dire d’eux constitue leurs contributions au sujet de la sécurité alimentaire.

Hommage à ma mère, longue vie, qui me disait :

-Mon fils, apprends à finir ton repas pour ne pas avoir faim, durant le reste de la journée.

Apprends à manger rapidement, pour ne pas être en retard sur tes camarades.

Tu seras amené à sortir de la famille, du campement et même du village, pour te retrouver, très loin, avec des amis.

Apprends à manger à ta faim, et vite. Un homme, c’est la rapidité.

A mon père, paix à son âme, qui me disait, sur un autre registre :

-Mon fils, quand une personne te sert du vin blanc, rassure-toi que son gros doigt, le pouce, n’est pas plongé dans le verre.

Sous les ongles, pourrait se cacher du poison. La vie est semée d’obstacles.

-Mon fils, quand tu te retires momentanément d’un cercle d’amis et de connaissances, sans avoir achevé ton verre de vin, ne te remets plus à boire dans le même verre, à ton retour. Sois toujours prudent.

Alors, Mesdames, Messieurs, prudence à table, sécurité à table.

Je vous remercie.

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